BARTOLI, JEAN-PIERRE, LA « TECHNIQUE DE LA CIGALE » : LA CONSTRUCTION PÉRIODIQUE ET MOTIVIQUE DES THÈMES DE BERLIOZ., MUSURGIA, 4/2 (1997).

Auteur: Bartoli, Jean-Pierre
Titre: La « technique de la cigale » : la construction périodique et motivique des thèmes de Berlioz.
Pagination: p. 59
Langue de l’article: Français
Résumé français:
Dans les structures mélodiques et thématiques de Berlioz, l’irrégularité des périodes l’emporte fréquemment sur la traditionnelle carrure. L’exemple des musiciens viennois fut sans doute déterminant, aussi bien dans le développement des formes motiviques qui président à l’élaboration de leurs thèmes que dans l’invention de leurs configurations périodiques. Beethoven se singularise par l’emprunt au style vocal, ce que Berlioz a repris à son compte. Néammoins, Berlioz a mené l’expérience plus loin, jusqu’à tourner le dos aux usages d’économie et de concentration du style symphonique classique. Il pratique une construction motivique et périodique en expansion qui fait de ses thèmes de petites formes closes autonomes. Its prennent un tour linéaire et narratif dont le parcours dramatique peut être décrit. Cependant, en faisant ainsi entrer au sein des thèmes un développement motivique que le style symphonique classique réservait aux sections ultérieures du mouvement, Berlioz pratique ce que l’on peut appeler, en paraphrasant La Fontaine, « la technique de la cigale ». Comment va-t-il contourner les obstacles qui résultent de ce choix ? C’est sur cette question que s’achève l’article.
Résumé anglais:
In the Berlioz’s melodic and thematic structures, irregular periods often prevail over the traditional four-bar pattern. The Viennese composers were certainly determinant, in their development of motivic forms that allow the building of themes as well as in their invention of new periodic configuration, provided determining models. Beethoven’s borrowing from vocal style is striking, and Berlioz follows his example. However he carries out the experiment to the point where he departs from the classical symphonic style and from its economy and concentration. He builds up an expanding motivic and periodic elaboration that transforms his themes into autonomous and closed micro-structures. These then look like linear and narrative forms with a dramatic course which can be described. However, by inserting in his themes a motivic development that classical style would rather have reserved for the subsequent sections of the movement, Berlioz evidences that, paraphrasing Jean de La Fontaine, may be called the « technique of the cicada » . How will he circumvent the resulting difficulties ? It is on this open question that the paper will conclude.
Appartient au volume: 4/2 (1997)