BAUGUIL, GRÉGOIRE, LES VINGT-QUATRE FANTASIES DE CHARLES GUILLET (1610) : ENTRE NOTATION MODALE ET PRATIQUE INSTRUMENTALE, MUSURGIA, 30/3 (2024)

Auteur: Bauguil, Grégoire
Titre: Les Vingt-Quatre Fantasies de Charles Guillet (1610) : entre notation modale et pratique instrumentale
Pagination: p. 51-73
Langue de l’article: Français
Résumé français: 

Les Vingt-Quatre Fantasies, à quatre parties, disposées selon l’ordre des douze modes que fait publier l’organiste Charles Guillet en parties séparées en 1610, ont un but pédagogique précis : l’étude des modes pour les organistes. En effet, ce cycle est extrêmement complet puisqu’au final ce sont bien deux cycles différents de douze fantaisies, l’un par bécarre, l’autre par bémol, donnant ainsi l’éventail des possibilités qu’offre la modalité. Au début du xviie siècle, avec le développement de la pensée harmonique en musique, le système modal est de plus en plus inconfortable. Cependant, Guillet adopte une écriture extrêmement cohérente en termes de modalité, sans pour autant sacrifier l’expressivité de son instrument. L’impression en parties séparées, peu commode pour les musiciens jouant du clavier, se comprend donc comme un atout commercial permettant d’étendre l’exécution de ces Fantasies aux ensembles d’instruments. Finalement, pourrait-on voir dans ce cycle la version modale du Clavier bien tempéré de Jean Sébastien Bach ?

Résumé anglais: 

Charles Guillet’s Vingt-Quatre Fantasies (1610): Between Modal Notation and Instrumental Practice

The Vingt-Quatre Fantasies, à quatre parties, disposées selon l’ordre des douze modes [24 Fantasias of 4 parts, arranged according to the 12 modes], published in part-books by the organist Charles Guillet in 1610, have a precise pedagogical objective: the study of the 12 modes for organists. Indeed, the cycle is very complete, being in fact two different cycles of 12 fantasias, one in the b-natural system and another in the b-flat system, giving the full scope of possibilities offered by modality. In the early seventeenth century, with the development of harmonic thinking in music, the modal system became increasingly impractical. However, Guillet’s style was very coherent in terms of modality, without sacrificing the expressiveness of his instrument. The printing of separate part-books, which is somewhat inconvenient for keyboard players, can therefore be understood as a commercial advantage, making it possible to extend the performance of these Fantasies to instrumental ensembles. Finally, could this cycle be seen as a modal version of Johann Sebastian Bach’s Well-Tempered Clavier?